TOP 10 des court-métrages érotiques et pornographiques

Les Îles

De Yann Gonzalez, 2017

Onzième court-métrage du très productif Yann Gonzalez, Les Îles (23mn) illustre la quête fantasmatique et l’étendu du désir charnel à travers les expérimentations de quelques personnages au sein d’un univers fantastico/porno. À la Gonzalez, quoi.

Les Îles remporte la Queer Palm du court-métrage au festival de Cannes 2017 et intègre le film à sketchs Ultra Rêve, aux côtés du duo Caroline Poggi/ Jonathan Vinel et de Bertrand Mandico.

Ultra Pulpe

De Bertrand Mandico, 2018

Véritable petit bijou signé Bertrand Mandico, Ultra Pulpe (37mn) fait lui aussi partie du corpus du film Ultra Rêve. Sorte de métafilm érotico/fantastique, Mandico s’entoure une fois encore de ses actrices fétiches: Vimala Pons, et surtout Elina Lowensohn pour traiter la question du féminin face au temps.

Ultra Pulpe sera sélectionné à la Semaine de la critique de Cannes en 2018… entre autres !

Protège-moi

De Gaspar Noé, 2003

Tu galères toujours à aller au bout d’un film de Gaspar Noé ? Alors ce court-métrage est fait pour toi !

Effectivement, Protège-moi (3mn20) est un pur condensé de l’univers de Noé: sexe, drogue et… néons ! Réalisé pour le groupe Placebo, ce clip illustre la version française de la chanson initialement écrite en anglais et traduite par… Virginie Despentes, évidemment !

Protège-moi, c’est 3mn20 de déambulation au coeur d’une soirée orgiaque et onirique, de corps érotisés sous un éclairage édulcoré; le tout filmé en plan séquence. Évidemment, le clip fut censuré pour son caractère pornographique (parce que le sexe, oui, mais seulement quand il est suggéré… façon rap us quoi… 🤓) mais rassure toi, il reste facilement accessible … juste ici !

Fuses

De Carol Schneemann, 1967

 En 1969 est créée la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes (section créée à la base pour concurrencer la compétition officielle et montrer aux spectateurs un “nouveau” cinéma venu de tout horizon); durant laquelle sera proposé des films peu habitués des compétitions officielles.

C’est lors de cette première édition que sera projeté Fuses de Carol Schneemann. Pionnière en la matière, elle se filme alors en plein coït et dans un registre (très) expérimental, un peu à la manière de Behind the Green Door des Frères Mitchell (1972). Une inspiration pour la fratrie ?

The Black Glove

De Maria Beatty, 1997

Habituée des films traitant du fétichisme, Maria Beatty (qui incarne ici le personnage principal) réalise The Black Glove (30mn), un court-métrage en noir et blanc (une habitude chez Beatty qui aime lier érotisme et rétro) autour de la thématique BDSM.

À travers une mise en scène très épurée, The Black Glove flirte avec le surréalisme façon Man Ray, dans lequel s’enchainent les tableaux glorifiant la beauté féminine, et à l’esthétique hyper léchée (sans mauvais jeu de mots…).

Seul bémol: le film est uniquement visible sur les sites pornographiques les plus réputés et noyé parmi la multitude de gonzos en tout genres. Ou quand le sexe rattrape l’art…

Contes immoraux

De Walérian Borowczyk, 1973

Contes Immoraux est un film à sketchs réalisé en 1974 par Walérian Borowczyk dans lequel il explore les secrets du libertinage à travers quatre contes érotiques. Même si le film n’est pas aussi représentatif de l’univers si particulier de Borowczyk que l’est La Bête, il reste intéressant à découvrir, notamment pour la prestation du tout jeune Fabrice Luchini enamouré de sa cousine.

D’ailleurs, La Bête devait initialement faire partie du corpus de sketchs, mais face à l’ampleur du projet, Borowczyk préféra consacrer tout un long-métrage à son idée… pour le plus grand bonheur du spectateur !

Le film remportera le Prix de l’âge d’or (prix décerné par la Cinémathèque Belge) en 1974.

Destricted

De Marina Abramovic, Matthew Barney, Larry Clark, Sam Taylor-Wood, Gaspar Noé, Marco Brambilla et Richard Price, 2006

Décidément, les films à sketchs et l’érotique font bon ménage ! Tout comme Contes Immoraux, Destricted réunit sept court-métrages réalisés par autant de réalisateurs/trices.

La question de l’érotique est donc abordée à travers sept regards tous plus opposés les uns que les autres et dans des univers propres à chacun. Marina Abramovic nous enseigne par exemple les (très) surprenantes coutumes russes liées à la sexualité, Larry Clark aborde la vision biaisée que peut avoir le spectateur sur la pornographie à travers l’interview d’un jeune homme, tandis que Gaspar Noé met en scène une toute jeune Katsuni au coeur de son éternelle formule magique: le hard stroboscopique.

Par ailleurs, Destricted fut sélectionné à la Semaine internationale de la critique de Cannes en 2006.

Good Boys Use Condoms

De Lucile Hadzihalilovic, 1998

Réalisé dans le cadre de la prévention contre le sida, Good boys use condoms est l’un des cinq court-métrages diffusés sur Canal + entre Le Journal du Hard et le film du samedi soir, afin de promouvoir le port du préservatif.

Lucile Hadzihalilovic (qui est par ailleurs la compagne de Gaspar Noé) réalise donc ce court-métrage de six minutes mettant en scène une relation triangulaire avec notamment deux soeurs jumelles, le but étant d’inciter sur la nécessité de changer de préservatif entre deux partenaires, le tout dans une ambiance très proche de celle de Noé. Coïncidence ?

Sous l’impulsion de Canal + et du CNC, quatre autres réalisateurs dont Gaspar Noé, Cédric Klapisch ou encore  Jacques Audiard ont accepté de relever le défi d’érotiser le port du préservatif. Ou quand le porno se met au service de la pédagogie.

Pornstar

De Thomas Finkielkraut et Maxime Caperan, 2019

J’ai absolument tenu à intégrer Pornstar à mon corpus car il est l’un des rares court-métrages récents à traiter de l’érotisme. Le film met en scène Emilie Delaunay alias Liza del Sierra dans son propre rôle d’actrice pornographique; avec pour décor principal, le salon de l’érotisme. Loin de l’image traditionnelle de la camgirl et de son univers glamour, on découvre ici l’envers du décor dans lequel l’actrice, pour conserver les faveurs du public, est obligée de se plier aux moindres demandes d’un milieu ultra-concurrentiel.

Il est alors question de l’injuste éphémérité de la carrière d’une actrice de charme (en moyenne un an et demi contre quatre pour un acteur) face à un marché en perpétuelle quête de renouvellement. Les nombreux préjugés liés au genre sont ici habillement esquivés, et rien que pour la scène finale, il faut le voir !

Scorpio Rising

De Kenneth Anger, 1963

Je termine ce Top 10 par mon coup de coeur: du rock, du cuir, des bécanes, le tout filmé à la pellicule et rythmé par une BO réunissant les plus grands succès des années 50/60, j’ai nommé: Scorpio Rising !

En 28mn seulement, Kenneth Anger aborde à la fois la culture motarde et homosexuelle, le catholicisme, et même… le nazisme ; entremêlé au milieu de posters de James Dean et de fellations subliminales.

Lors de sa première sortie en 1963, ce court-métrage expérimental et sans aucun dialogue offusquera le Parti nazi américain, refusant de voir leur drapeau lié à une éventuelle homosexualité. Quant au directeur du cinéma, il sera arrêté pour obscénité et la projection sera suspendue. Kenneth Anger sera par la suite jugé à la Cour Suprême de Californie, et en sortira vainqueur.

Gorge Profonde, What Gets Me Hot! … Mais finalement, est-ce qu’un bon gros jugement ne serait pas la recette du succès pour un film pornographique ?

Le top 10 des meilleurs court-métrages érotiques touche à sa fin et je ne vois pas meilleure manière de le clore en beauté que de vous glisser le lien vidéo vers Scorpio Rising…

Bon visionnage ! 🍑 

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